Pourquoi une école privée ?

Dans l’ensemble, l’école cumule plutôt les défauts anciens (massification, embrigadement, enseignement procédural, infantilisation) et récents (désœuvrement, gadgetisation, enseignement de l’ignorance). Dans ce cadre, malgré certaines inflexions récentes et la bonne volonté de beaucoup d’enseignants, ceux-ci ne sont pas armés pour résister à la fois à l’incompétence de leur hiérarchie, au désintérêt ou à l’hostilité de la population et à l’éducation par les écrans.

Cette situation nous a décidés à tenter autre chose.

A notre époque où presqu’aucune activité réellement utile n’arrive à être rentable, il y a quelque chose de déraisonnable à vouloir faire vivre, dans la durée, un établissement professionnel d’enseignement. En effet, l’Etat prend en charge la quasi-totalité des dépenses dans ce secteur. Elles sont donc invisibles au quotidien. Par ailleurs, l’enseignement n’a pas vocation à être une activité marchande.
La mise à distance de l’Education nationale nous a paru nécessaire. Ce n’est pourtant pas un idéal pour nous. Nous ne défendons pas le principe de l’école privée et nous préférerions pouvoir œuvrer au sein d’une organisation saine, où, par exemple, l’échelon local serait premier, tout en étant articulé à d’autres ensembles plus vastes permettant l’échange et la prise de décisions communes sur de plus grandes échelles (le contraire, donc, de la prétendue « décentralisation »).
Quoi qu’il en soit, nous n’avons pas attendu le triomphe hypothétique d’idées qui ne sont pratiquement pas défendues pour agir comme nous l’entendions.