Règles de vie

En maternelle, le rapport aux autres, le déplacement, la parole, le volume sonore, l’attention au matériel font partie intégrante du fonctionnement de la classe Montessori. Les ateliers rendent donc le respect des règles effectif par la pratique : cela s’acquiert en faisant. Il n’y a pas de punition, mais la possibilité pour chacun de changer d’activité ou de s’arrêter sans contrainte, en fonction de son état.

En primaire, on peut espérer bénéficier des habitudes de travail des années précédentes pour ceux qui poursuivent leur scolarité. Dans la période qui tourne autour de l’âge de raison, on attend de l’enfant une plus grande maîtrise de lui-même, par le raisonnement conscient, à condition que les règles soient comprises. Cette responsabilisation peut aller jusqu’à une élaboration commune, à condition de rester modeste et lucide en ce domaine. Nous avons adopté, petit à petit, la pratique du conseil, mais en maintenant une différence explicite et justifiée de statut entre enseignants et élèves. Ceux-ci y prennent des responsabilités (distribution de la parole, participation à l’ordre du jour…), émettent suggestions, remarques, donnent leur avis. Cependant le conseil ne fixe pas les règles, et rien ne s’y décide par vote par exemple.

En cohérence avec cette démarche, les sanctions du comportement reposant sur la privation (récréation, temps non-scolaires, activités) ou le travail scolaire (lignes, travail supplémentaire) sont exclues, de même que la mise « au coin » comme stigmatisation du coupable. Celui qui ne parvient pas à se concentrer peut être invité à s’isoler jusqu’à ce qu’il se sente prêt. S’il empêche les autres de travailler ou leur manque de respect, cela lui est imposé, le temps qu’il se reprenne. Le cas échéant, en cas d’acte grave, et après discussion collective, il peut être privé un temps donné de la compagnie des autres, ce qui souligne l’incompatibilité de certains comportements avec la vie en société.

Dans tous les cas, éviter la discipline punitive implique de pouvoir compter sur les parents pour échanger et s’accorder sur des réponses communes.